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Construire l'écoute active par la méthode de la communication non violente: un défi pour les humains

Que ce soient dans l'accompagnement des adultes de notre association ,en formation BAFA et ailleurs, ou que ce soient dans nos relations avec nos propres enfants, nous parents, nous recherchons constamment des repères permettant d'être à l'écoute de nos enfants et de nos pairs. Se construire éducateur et éducatrice n'est pas chose aisée. A Vitacolo nous réfléchissons contamment à cette question. Nous avons ouvert des réflexions sur la communication alternative via l'écoute émotionnelle et nous nous sommes penchés sur les clés de l'écoute active, notamment en parcourant ce fabuleux livre "Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)" de Marshall Rosenberg des éditions La découverte.

Alors pour vous adultes, parents, professionnels de l'animation, enfants, etc...on prend le temps de vous résumer en quelques lignes cette communication qui ferait tant de bien à nos relations humaines.

ecoute active COMMUNICATION NON VIOLENTE

Ecouter, c'est savoir se taire!

L'écoute active part d'un premier postulat qu'il faut arrêter de croire que les gens nous parlent pour obtenir de nous une solution, une réponse. Les gens nous parlent parce qu'ils nous ont reconnus comme un réceptacle accueillant et ouvert à leurs besoins de discussions, pas forcément parce qu'on à quelques choses à dire sur le sujet. Combien de fois avons nous eu l'impression de devoir forcément trouver une solution alternative pour essayer de faire plaisir et donc de maintenir le lien?

Alors STOP! Parce que si on ouvre autrement le dialogue et qu'on part du principe que notre interlocuteur n'attend pas forcément de réponse, que peut bien t'il attendre de cette conversation?

L'écoute, c'est accepter la carte du monde de son interlocuteur et ne pas essayer de bloquer le dialogue en posant des questions dont on connaît la réponse, juste pour se rassurer. Nous vous renvoyons pour cela à cette très intéressante mini-conférence sur la Questiologie

 

Les 4 étapes de la CNV (Communication non violente)

La communication non violente part d'un second constat lié à notre relation affective et notre empathie. Notre interlocuteur n'est pas responsable des émotions qu'il/elle provoque en nous.

Et ça c'est déjà révolutionnaire. Imaginer une discussion ou quelqu'un vous agasse ou vous met en colère. Maintenant acceptez simplement le fait que ce n'est pas sa faute!

Par contre, d'où vient cette colère? Comment mon interlocuteur pourrait il m'aider afin de mieux la comprendre, voir même de la faire descendre...

Ainsi dans le cadre de l'ouverture de dialogue ou la résolution de conflits, Rosenberg nous dit que quand nous avons quelque chose à dire à quelqu'un, il faut se concentrer sur son bien-être et sur l'envie egocentrée d'aller mieux.

ETAPE 1 : Rendre compte par les faits : Observer

La première étape consiste avec l'interlocuteur à donner les faits concrets qui ont provoqués chez vous une émotion. Ces faits ne peuvent se nuancer et être subjectifs, ils doivent être clairs et précis : "Tu as déposé ce matin une pile de dossiers sur mon bureau sans me parler" "Cela fait trois jours que tu ne m'as pas aidé dans les tâches de la maison" "Tu es sorti de table sans que nous ayons fini le repas" "Tu as été absent tous les soirs de la semaine" etc... On bannit les "parfois, souvent, typiquement, rarement, toujours, etc..." Du palpable et du concret.

ETAPE 2 : Exprimer ses émotions, dire son sentiment

Et lorsque les faits sont clarifiés pour les deux parties, il est temps ensuite d'exprimer les émotions que vous ressentez face à cela, sans mettre en cause la personne, simplement pour l'informer de cela : "et je me suis senti en colère face à cela" "j'ai été triste de te voir te lever de table" "je me suis senti abandonné" etc... Dans le livre, Rosenberg vous donne une multitude d'adjectifs afin de pouvoir identifier réellement ce que vous ressentez et de pouvoir ainsi donner l'information la plus précise vous concernant.

ETAPE 3 : Exprimer ses besoins

Mais pourquoi un tel comportement me provoque une telle émotion? Et bien la réponse vous permettra à chaque fois d'identifier votre besoin. Et c'est une étape où il faut être honnête avec soi-même et accepter de creuser profondément afin de pouvoir partager le plus finement possible le besoin lié à la situation que vous vivez. Ils peuvent être simples comme plus complexes : j'ai besoin de te sentir prêt de moi, j'ai besoin de vivre des moments entiers avec toi, j'ai besoin de reconnaissance dans mon travail, j'ai besoin d'être rassuré et protégé, j'ai besoin de m'épanouir, j'ai besoin que tu me fasses confiance, etc...

En exprimant le besoin à votre interlocuteur, vous le re-connectez avec vous et l'aidez à identifier ce qu'il se passe. Cela permet ainsi de pouvoir passer à la dernière étape.

ETAPE 4 : La demande

Tout cela pour vous permettre de trouver et de faire la bonne demande afin de résoudre cette situation. La demande permettra de formaliser ce qui vous conduira vers un état émotionnel plus stable et un retour à la normal dans vos relations. "Je voudrais que tu sois là un soir sur deux au moins", "Je voudrais que tu reconnaisses mes qualités" etc...

Aider ses pairs à identifier les étapes

Et dans cette communication ce qui est très fort, c'est qu'il est ensuite facile de pouvoir accompagner ses proches ou n'importe qui dans l'identification des faits et donc de ce que ces faits provoquent en eux. Rosenberg raconte une anecdote assez chouette d'une conférence en Israël où un participant l'interpelle en l'insultant. Il entame alors toute une démarche en public pour aider cette personne à identifier en lui la colère que sa présence provoque...mais dont il n'est pas responsable !

Cette notion de responsabilité n'est pas simple à comprendre, et plus la blessure ou l'émotion est forte plus cela paraît difficile à accepter. Mais rassurez-vous, par la pratique on y arrive :-) Et pour acheter le bouquin de Rosenberg : c'est par ici ou bien dans la plupart des bibliothèques municipales !

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