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5 méthodes pour transmettre des valeurs sur les stages BAFA

Les stagiaires accueillis pour passer le BAFA arrivent avec un socle de valeur acquis dans le cadre scolaire et familial. Ils vont pouvoir ajouter à ce socle, en tant qu’animateur, les valeurs de l’éducation populaire. Pour cela, les formateurs auront recours à différentes méthodes de transmission. Retrouvez par ailleurs notre espace consacré aux formateurs BAFA.

Développer les capacités d’analyse

L’idée est d’exiger des stagiaires qu’ils soient capables d’expliquer leurs choix d’activités. Les stagiaires doivent apprendre à voir l’activité comme une méthode permettant d’atteindre des objectifs pédagogiques et non comme une finalité. Chaque activité organisée fera l‘objet, avant ou après sa mise en place, d’une évaluation, même rapide, permettant de mesurer si les stagiaires ont réfléchi au sens qu’ils voulaient donner à l’activité en question dans le cadre de la vie du groupe et du projet pédagogique qui leur a été soumis.

Travailler les synergies par la poursuite d’objectifs communs

L’idée est de permettre aux stagiaires de se fixer des objectifs communs, dans différents groupes de travail, afin qu’ils puissent découvrir la force des synergies au sein d’un collectif, lorsqu’un projet commun anime les différents membres du groupe. Les sessions de formation seront donc principalement basées sur des séries de projets menés en plus ou moins grands groupes.

Exemple : un stagiaire pourra appartenir à plusieurs groupes différents, pour mener des projets distincts. Par exemple, un premier groupe de 4 personnes devra préparer et mener un débat sur la sexualité de l’enfant et de l’adolescent. Un second groupe de 6 personnes sera chargé d’organiser un grand jeu correspondant à un projet pédagogique fourni par les formateurs, etc.

Rendre les stagiaires autonomes

Il faut permettre aux stagiaires de s’émanciper en leur donnant dès les premiers jours tous leurs objectifs et projets de groupe à réaliser tout au long du stage.

Exemple : le stagiaire sait qu’il devra, le 23 juin, organiser un grand jeu d’après-midi, avec telles personnes, en suivant tel cahier des charges ; mais aussi organiser tel débat avec telles autres stagiaires, etc.

En fonction des ces différents projets qu’ils découvriront dès le premier jour, ils devront :

a. définir leurs attentes en début de formation, pour que les formateurs puissent leur donner toutes les ressources techniques nécessaires à la réalisation de chaque projet.

Exemple : un stagiaire membre d’un groupe ayant pour projet la réalisation d’un projet d’animation correspondant à un projet pédagogique donné par les formateurs, devra acquérir des connaissances lui permettant de savoir :

- ce qu’est projet pédagogique

- ce qu’est un projet d’animation

- comment organiser une animation

- comment préparer une animation

- comment se mettre d’accord à plusieurs

- Mais aussi des questions que se posent les stagiaires lorsqu’ils n’ont que très peu de connaissances du milieu de l’animation : combien dure en moyenne une animation, combien d’enfants peut-on prendre avec tant d’encadrants, comment expliquer les règles, comment terminer une animation, etc.

Ainsi, plutôt que de demander aux stagiaires, dès le premier jour, d’exposer leurs attentes de façon abstraite, sans exemple concret, et alors qu’ils n’ont pas toujours bien conscience des exigences d’un stage BAFA, l’implication dans des groupes et des projets communs va naturellement faire émerger des questions propices à l’expression des attentes des uns et des autres.

b. acquérir de l’autonomie puisqu’ils devront repérer eux-mêmes les temps de formation susceptibles de répondre à leurs interrogations, et seront ensuite conduits à poser les bonnes questions tout au long du stage pour pouvoir avancer dans leurs différents projets collectifs.

S’appuyer sur la vie du groupe

L’idée est d’analyser collectivement les moments forts de la vie du groupe de stagiaires (pas de verbe). La formation à la gestion de groupes et de conflits doit s’appuyer sur les éléments concrets que la vie du stage nous donnera à étudier.

Exemple : au bout de quelques jours, un conflit entre deux groupes de stagiaires est mis en évidence. Les formateurs réunissent l’ensemble du collectif, et orientent les stagiaires pour qu’ils comprennent d’où provient ce conflit, ce qui peut permettre de le comprendre et éventuellement de le régler. Attention : le but de la formation n’est pas de créer des groupes cohérents, mais bien de former des animateurs. Toutefois, le groupe de stagiaires est un parallèle plausible à un groupe d’enfants. L’idée est donc de montrer aux stagiaires des exemples de techniques permettant de faire de la gestion de groupes et de conflits.

Autre exemple : Le groupe fonctionne bien, une ambiance saine règne entre les stagiaires. Lors d’un temps de prise de parole en groupe, les formateurs attendent qu’un membre du groupe souligne cette bonne entente pour demander à l’ensemble du collectif d’identifier les raisons de la cohésion du groupe : y-a-t-il des leaders d’opinions, des leaders créatifs, des personnes ayant un positionnement plus indépendant ? Quels facteurs pourraient dégrader l’ambiance harmonieuse actuelle ? Etc.

Permettre le débat

Organiser des débats permettant de confronter la vision des uns et des autres sur des sujets « abstraits », mais toujours en partant de situations concrètes. Qu’il s’agisse de la laïcité, l’autonomie, la démocratie, la maltraitance, la sexualité, les conduites à risques… Ces sujets abstraits seront toujours abordés à partir d’exemples concrets, afin de tenir compte des capacités d’abstraction des uns et des autres, qui ne sont pas développées à égalité selon l’histoire et la scolarité suivie par chacun.

Exemple : Un enfant porte des traces de sévices sur le corps. En tant qu’animateur, comment pensez- vous agir ?

A l’issue des débats, les formateurs font une synthèse de ce qui a été dit. Cette reformulation doit être confirmée par les uns et les autres afin de s’assurer que les propos ne sont pas déformés et représentent la conviction réelle de leurs auteurs. Les formateurs doivent ensuite reposer le cadre légal et séparer ce qui constitue les opinions de chacun de ce qui relève des connaissances générales de l’animateur.

Aller plus loin… Pour transmettre les valeurs exprimées plus haut, et faire en sorte qu’elles ne restent pas de simples mots inaccessibles, nous prenons le parti de former nos équipes à quelques techniques simples de gestion des dynamiques de groupe (cf. la partie sur la formation initiale). Cette formation d’une journée permet ensuite aux formateurs d’utiliser, le plus souvent possible, les ressources du groupe pour faire émerger des propositions, prendre des décisions, régler d’éventuels conflits, etc. Les stagiaires seront invités à analyser ce recours permanent au groupe pour approfondir leur prise de conscience des enjeux de l’accueil collectif de mineur.